Chimeres et Tourbillons

17 mai 2013

Il revait d'etre comme son pere.

va pleuvoir.......".-" Pedro, tu ne peux pas partir seul, attends ta soeur. Mets ton manteau, il fait froid ce matin. Attends Pedro, attends"

-"Non, maman, je suis grand maintenant, j'ai treize ans. L'ecole n'est pas loin, je veux y aller seul, tous mes amis y vont seuls"

Comment lui expliquer que lui est diffèrent des autres, qu'il ne peut pas, qu'il ne vaut mieux pas. Déjà avec sa soeur ce n'est pas sur, mieux mais pas sur, comment lui dire...

-"Attends Pedro, attends.." Mais la voix de Angelita se perdit dans le couloir sombre, sans lumière. Son coeur se serra, si son père savait qu'il était parti seul il se mettrait en colère alors elle cria:"Carmencita, dépêche toi, ton frère est parti, il faut le rattraper".

Pedro courrait dans la rue déserte, heureux de cette liberté tout fraîche, le vent dans ses cheveux lui donnait envie de voler. De loin, il vit son groupe d'amis devant les grilles, ils parlaient, riaient mais aussi 3 hommes qu'il ne connaissait pas. Quelques enjambées plus tard il se mêla au groupe, fier d'avoir tenu tête a sa mère, il avait réussi maintenant il pourrait aller a l'ecole, il avait prouve qu'il pouvait le faire.

Les discussions allaient bon train, les examens a venir, les excursions programmées, un brouhaha de mots, de rires, de mains qui tapent dans le dos quand les hommes s'approcherent du groupe:

- " Quel est celui qui s'appelle Pedro Ramirez?" Les hommes étaient jeunes, en jean, souriants. Les regards se tournèrent vers Pedro, qui se sentant presque oblige, sorti du lot et fit un pas en avant. Les hommes le scrutèrent des pieds a la tête et ajoutèrent: "Viens avec nous, ton père veut te voir."

Alors Pedro eut peur, il se dit que sa mère avait du appeler son père, qu'il était furieux, c'est pour ça que les hommes étaient la. Il avait déjà mal au ventre en pensant a la punition qu'il allait avoir. Il ne dit rien, baissa la tête et suivi les hommes dans la voiture qui démarra en trombe a peine les portes fermées.

Derrière lui, les discussions avaient repris leur cours, il devinait aisément qu'il était devenu leur sujet principal. La voiture roulait vite dans les petites rues escarpées, mais pourquoi prenait elle la direction des plateaux?

Quelques kilomètres plus loin, au milieu de nulle part, la voiture s'arreta, on lui demanda de descendre. Un des hommes le prit par le col et le força a se mettre a genoux. Sans qu'il ait eu le temps de réfléchir, une balle lui traversa la tête, il s'ecroula sur le sol caillouteux et froid.."

Il s'arreta de parler, le regard lointain. Pourquoi me disait-il cela aujourd'hui alors que cela faisait plus d'un an que je le cotoyais quotidiennement? J'avais juste pose une question toute bête, toute simple, j'avais demande combien il avait d'enfants, je ne savais pas, je ne pouvais soupçonner un tel drame. Je le fixais, je savais que ce n'était pas fini. Après un long silence, il continua:

-"Tu comprends, ils ne pouvaient plus me laisser mes armes après ça, je les aurai tuer, en plus je savais ou ils étaient, j'aurai pu y aller, cela n'aurait pas été complique. Ils ne pouvaient pas m'atteindre moi, alors ils ont pris mon fils. Cela aurait pu être pire, ils auraient pu me prendre ma fille aussi, ils m'avaient téléphoné quelques jours avant. Je l'avais dit a ma femme qu'il fallait être prudent, mais aux enfants, on ne pouvait pas leur dire.

Alors ils m'ont pris mes armes, je ne pouvais plus rien faire. Ils m'ont emmené je ne sais ou, dans un centre de repos, je devenais fou. On m'a donne des médicaments pour ne plus avoir mal....de la foutaise, la douleur je l'ai encore maintenant....la haine aussi d'ailleurs." Il regarda ses mains pleines d'artrites, semblant chercher vainement dans les plis de ses paumes le chemin de l'acceptation.

"- Mais il fallait bien que je revienne, il y avait ma femme, ma fille, ma tombe. Le président a dit qu'il allait tout mettre en place pour punir les responsables. Nada, nada, de toute manière je ne l'ai pas cru et cela n'allait pas me rendre mon petit.

Après, ils m'ont mute ailleurs, loin très loin des montagnes escarpées, des hauts plateaux, du vent glacial. Nous avons essaye de continuer a vivre. Mais pour Angelita ce n'était pas possible, les gens lui rappelaient sans cesse ce qu'elle avait vécu, ils parlaient derrière son dos, elle était "la mère qui a perdu son fils, exécuté par l' ETA". C'était dur pour elle, elle gardait le front haut en dehors mais en dedans c'était vide. Pourtant elle nous aimait et moi, je l'adorait, c'était mon ange, ma grâce. Quand Dieu l'a rappelé a Lui, cela faisait des années qu'elle n'était déjà plus avec nous."

Il se leva du banc ou nous étions assis, reprit son deambulateur. Ses mains tremblaient. Le ciel s'etait assombri, le soleil avait disparu du parc ou nous nous promenions, il faisait froid maintenant, un frisson glace me parcouru la colonne.

-"Il prenait mon tricorne et il défilait dans le salon en chantant "Viva España, Viva, Viva España, Viva". Il voulait être comme moi, un guardia civil. On ne lui en a pas laisse de temps.

Ma journée est foutue maintenant, je ne vais pas arrêter de penser a ça. Allez, viens on rentre, je suis fatigue".

 

(Cet ecrit est une adaptacion d'une histoire reelle, les lieux et les noms ont ete modifie)

 

 

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13 mai 2013

Un jour magique

comunion1Dimanche, les rôles se sont inverses et cette fois ci, c'était nous qui étions de sorti pour fêter la communion d'un des amis du Caid. Cette année c'est mon église qui est passée la première et c'est un soulagement de pouvoir assister aux autres (j'en ai encore une autre ce week end!) de manière sereine. Les autres mamans, celles du prochain dimanche sont stressées, anxieuses, elles comparent, ajoutent, modifient. Si j'avais été a leur place, j'aurai fait la même chose, surtout que la, le niveau était élevé.

comunion2La salle était fastueuse, la décoration soignée et gaie, plein de ballons, un orchestre, un menu typique bien préparé, franchement cela m'aurait mis la pression. Après, on peut toujours critiquer d'ailleurs certaines ne s'en sont pas privées, pourtant c'était une belle fête bien différente de la mienne. Je me suis bien amusée a écouter les commentaires des unes et des autres. 

C'est la première fois que j'assiste a cette cérémonie en Espagne et j'ai été très surprise par les tenues, les bijoux, les coiffures. Toutes les femmes étaient élégantes, avaient pris soin d'elle et de leur enfants en faisant un effort sur...tout. Je les côtoie tous les jours et je ne savaient même pas qu'elles avaient ce genre de tenue dans leur garde robe.

comunion3Une fête en grande pompe qui me donne un avant goût de mariage avec le gâteau mais sans les dragées Le seul hic, c'est que les enfants ne pouvaient pas jouer dehors et qu'il faisait chaud dedans, donc au bout d'un moment ils sont devenus difficiles a tenir.

Je n'ose imaginer combien cela a du leur coûter d'organiser un tel évènement mais je suis certaine que leur fils s'en rappellera longtemps. Aussi magique que fut cette journée, je suis persuadée qu'ils sont contents qu'elle se soit achevée.

Je suis très impatiente maintenant d'assiter a la prochaine, en plus c'est une fille et j'adore les robes de princesses!!

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09 mai 2013

Leçon de vie, leçon d'amour

retroviseur1Parmi tous les patients qui passent entre mes mains, certains me font rire, d'autres m'interpellent, chacun m'offre a sa manière avec ses mots un peu de leur vie, de leurs émotions aucun ne me laisse indifférente mais il y en une me qui  touche au plus profond de mon être.

Je vais la voir a 11h30 pile parce que c'est a cette heure la que les médicaments font le plus effet. Je sais qu'elle m'attend. Mais avant d'entrer dans cette chambre, j'attends quelques instants devant la porte, je prends plusieurs respirations, j'elimine le stress des autres, les tensions, les mauvaises ondes puis je rentre avec un grand sourire avec mes huiles de massage et mon tabouret réglable.

retroviseur2La première fois que je suis entrée, je ne l'ai pas vu, tout petit être dans ce grand lit, c'est fou ce que l'on peut être petit a cet âge la, pourtant je suis sure qu'elle devait être grande avant..avant d'être terrassée par la maladie quelques mois auparavant.

Elle m'a souri et nous avons commence a parler, a nous présenter, a voir comment je pouvais l'aider sans la faire souffrir encore plus. Ils sont loin les cours et la théorie quand on en face de telles souffrances. Les premières fois j'ai bien vu que chaque mouvement de ses jambes déclenchaient des crises de douleurs alors on a réglé ce qu'on pouvait changer: les médicaments, les anti-douleurs et maintenant ça va mieux, mal certes mais supportable du moins elle gère.

De tout ceux que j'ai traite, c'est la première fois que je parle aussi librement de ces choses la. Avec les autres, ce n'etaient pas pareil, beaucoup ont peur de mourir, de passer de l'autre cote, de l'angoisse de ne pas savoir ce qu'il y a après. Ils se renferment dans leur bulle, ne s'interessant plus a rien, prohibidant toute activité, paralyses dans leur douleur. Il est très difficile de les aider car ils ne veulent pas en parler, mettre des mots sur ces sentiments la serait déjà faire un premier pas vers l'aceptacion et cela leur est impossible, insurmontable.

Mais elle c'est diffèrent. Elle me l'a dit la première fois:"Je n'ai pas peur tu sais, je l'ai accepte. Ce sont les autres qui ne veulent pas voir la vérité, mais moi je la sais alors je dois les aider, les accompagner".

Aujourd'hui, elle a eu de la visite. Des gens qui ne l'avait pas vu depuis des semaines, quand ils sont rentres dans la chambre, ils ne l'ont pas tout de suite trouve puis si et puis j'ai réalisé alors que la femme perdait pied, ses yeux devenaient vitreux et elle est repartie sans dire un mot dans le couloir bruyant d'activité, de vie.

J'ai regarde ma patiente, elle m'a souri, elle comprenait. D'un regard je lui ai demande si je devais sortir parler a son amie, elle ma' fait signe que non, que ça aller passer, qu'il lui fallait juste un peu de temps pour réaliser, qu'elle reviendrait ou  pas la voir mais qu'elle comprenait et elle a ajoute en riant:"pourtant je ne suis pas si moche! Ça doit être la coupe de cheveux.". Depuis des semaines elle n'en a plus.

Oh que non, vous êtes belle, tellement belle si vous saviez, vous rayonner. Autour de vous il y a le soleil, la paix.  Je n'ai jamais vu de femme comme vous, avec un tel courage une telle force de vie et d'amour. Je ne devrai pas, je le sais mais comment rester insensible, impassible face a une telle sagesse.

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06 mai 2013

Dans un aquarium, je respirerai mieux.

entre mer et terre1Depuis quelques semaines, je n'ai plus le feu sacre quand je me lève le matin pour aller bosser.

Ce n'est pas que j'aime pas mon job, bien au contraire d'ailleurs je suis heureuse lorsque j'ai le temps de le faire. Parce qu'au Centre ils ont une politique assez spéciale lors du recrutement ou plutôt de non recrutement. Il faut être multi taches pour leur éviter d'employer du monde alors que vraiment on en aurait besoin et si on est pas content et bien, mademoiselle la porte est la. Comme les temps sont durs, que c'est la crise, qu'on est pas sur de retrouver du travail et bien mes collègues et moi, on accepte, on plie l'echine, on fait. Nous sommes tellement dans la même situation que je m'etonne encore des futilités que je vois débattre a la télévision, c'est gens la ne vivent décidément pas comme nous.

La nouvelle unité s'est ouverte il y a une semaine et franchement c'est du lourd au niveau des pathologies. Cela nécessiterait pour bien faire beaucoup de personnels qualifies dans ce type de cas mais économie oblige, nous sommes le même nombre voir moins. Nous nous partageons les taches comme des petits robots bien programmes mais a quand le déraillement, l'incident. 

entre mer et terre 2Notre emploi du temps est tellement rempli que nous n'arrivons même plus a communiquer, juste un vague bonjour le matin si nous arrivons a sortir de notre bulle. A la base nous sommes un centre gériatrique sauf qu'aujourd'hui, par la force des choses nous évoluons en psychiatrique que nous le voulions, que nous l'acceptions ou non. Mais la psychiatrie coûte cher, très cher a la société d'autant plus que ces jeunes pour la majorité n'ont connu que la vie en Centre donc sont hyper assistes et sécurisés. Il faut les occuper toute la journée sans rien leur demander de peur de revoir leur démons sortir, tout un programme. Deux mondes qui cohabitent sans se rejoindre, celui du dedans et du dehors.

sous la merJ'avoue être un peu perdue pour le moment dans ce nouvel univers. Beaucoup de sentiments s'entre melent et pas forcement des bons je dois dire. J'ai l'impression qu'on les mets dans ces centres parcequ'on ne sait pas quoi en faire, enfermes, ils ne font du mal ni a eux ni aux autres. Je ne crois pas que ce soit la solution mais y-a-t-il une autre alternative et qu'elle est son prix?

Force thérapies occupationnelles, camisoles chimiques on endort leur journée, c'est un peu comme une prison sans barreau.

Je ne peux dire si ils en ont conscience ou non, si ils sont heureux ou non. En tous cas, ils ont bouleversé notre quotidien.

Ce matin, j'ai dit au Rital que je voulais arrêter, que je ne voulais plus y aller mais il m'en a dissuadé. Bien que cela me rapporte peu et surtout pas assez au vu du travail fourni et des responsabilités induites, c'est déjà ça m'a-t-il repondu. Alors on continue. La crise engendre des comportements economiques et sociaux nefastes pour l'humain, bien sur que je suis contente d'avoir un travail mais si cela avait ete en temps normal, j'aurai claque la porte depuis longtemps ou renegocie mon contrat. La crise, c'est la negation de soi au profit du gain, la perte de son identite et de son libre arbitre.

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Posté par jugre à 20:04 - La vie sur terre - Commentaires [0]

04 mai 2013

Attention , je mords.

toile d'araigneePourquoi je crie comme ça, pourquoi mes paroles sortent en hurlant, dans une giclée de mots que je maîtrises même pas. C'est qu'apres coup que je me rends compte de ce que j'ai dit, quand les mots retombent avec l'apesanteur.

Il en reste quelque fois, colles au plafond, agrippes a mes meubles, ils ne veulent pas redescendre alors je crie encore plus fort pour les rattraper, les faire chuter, les avaler, les engloutir, les fourrer au fond de ma gorge, de mon estomac. Je voudrais les enfermer dans ma grande bouche, les serrer entre mes dents, les coincer sous ma langue pour qu'ils ne sortent plus, qu'ils restent coinces la, entre mes molaires, qu'ils me fassent mal a moi mais qu'ils n'atteignent plus personne, qu'ils me bouffent de l'interieur, qu'ils me pourrissent. Indigerable substance.

Mais non, c'est plus fort que moi, il faut que je hurle, que je crie même le son de ma voix me fait peur, il ne suffirait d'un rien pour que je m'arrête mais je continues encore et encore jusqu'a ce que je me vide, épuisée. Les visages déconfits de mes interlocuteurs, leur bouche ouverte a gober les mouches, les larmes aux coins des yeux, leur respiration haletante pourraient être des facteurs limitant mais non, au contraire, ça m'enerve encore plus de les voir dans cette attitude. Révoltez vous, cognez moi, cassez des assiettes, lancer moi des cacahuètes, fuyez...faites quelque chose bon sang  mais ils restent la, les yeux hagards, perdus dans la salve de mots que je viens de leur balancer. Ils en redemandent. Il n'aura fallu de presque rien cette fois pour que je me transforme en cette chose sans nom emplie de colère et d'agressivite, pas de seuil de tolérance direct la ligne rouge. J'ai attaque sans sommation a la première intrusion.

Bien sur, je regrette apres, j'aurai pas du, c'est encore aller trop loin. Pourtant je leur avais dit de ne rien dire, de partir mais ils sont rester, finalement c'est de leur faute. Il voulait probablement m'aider, me comprendre mais ce n'est pas ce que je cherche, moi même je ne me comprends pas, qui sont-ils pour me dire ce que je dois ou non faire, comment gérer ma vie, mon boulot, mes emmerdes. C'est parti d'une bonne intention..peut être, je ne saurai jamais. J'ai toujours eu une méfiance innée envers les bonnes intentions désintéressées.

Finalement, c'est moi qui suis partie, j'ai claque la porte, pris ma voiture et roule, la nuit sur la route qui longe la mer. Il n'y avait pas d'eclairage. Virages apres virages je me suis dit que finalement ce ne serait pas si mal de se planter, de tout arrêter. Mais j'etais pas certaine du résultat, de mon assurance, des dégâts collatéraux alors j'ai arrêté la voiture. De ma vitre ouverte, on pouvait voir les lumières de la ville qui scintillaient au loin, l'air de la mer s'engoufrait dans mes cheveux, je respirais a nouveau. C'etait calme, c'etait beau non finalement ce n'etait pas un bon jour pour partir.

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Posté par jugre à 12:57 - La capitainerie - Commentaires [0]


02 mai 2013

Encore un matin...

saut en parachuteLe matin, c'est un peu comme un saut dans le vide, on ne s'est jamais vraiment ou l'on va atterrir.

Un matin, c'est comme un paquet cadeau que l'on ouvre. Il y a l'exitacion du déballage, la surprise, le contentement ou la déception.

La grande question: "tu te lèves du pied droit ou gauche?", comme si volontairement on voudrait mettre sa journée en l'air sur un simple pied mal pose sur le tapis.

C'est après que les choses difficiles commencent: le lait renverse a cote de la tasse, les chats qui miaulent de faim, les chiens qui jappent de plaisir, les gnomes qu'il faut habilles...

saut en parchute1Ce matin, je savais que la journée serait merdique a tel point que je me suis vraiment posée la question d'aller me recoucher et de me relever après quelques minutes, si seulement mon chat n'avait pas été si affame, cela aurait été possible et peut être cela aurait-il tout change. Mais il a fallu que je me lève avec autant d'envie et de plaisir que lorsque l'on ouvre la porte d'un avion avant le saut. Et encore, je crois que ce jour la j'etais plus enthousiaste.

Je peux le dire car elle est bientôt finie: cette journée était horrible. 

Demain, il y aura encore un matin. Et pourtant en me couchant ce soir, j'aurai le sentiment naïf et bête de croire qu'il sera bon.

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25 avril 2013

Atterrissage et prise de conscience

jonquillesC'est peut être l'après coup d'une semaine vécue a cent a l'heure ou bien leur départ hier, l'aprehension du frigo vide et des fins de mois difficiles, la fin d'un cycle et l'ignorance de celui qui va commencer, la tristesse de la pluie qui ne s'arrete pas et des températures qui ont chuté...mais je me sens vide tout d'un coup comme si après avoir tout donne il ne me restait plus rien, aucune force.

Bien sur, cela va passer, j'en suis sure mais comment retrouver de la vitalité alors que je me sens anéantie. Par quoi, par qui, aucune idée mais c'est comme ça. Il a fallu faire une mise au point avec les gnomes ce matin, je n'ai plus de litière pour mes chats qui d'un commun accord ont décidé de ne plus aller dehors et ont pourri consciencieusement tout les plaids de la maison.

J'ai été déçu aussi par certaines des personnes qui m'entourent, mais ce n'est pas nouveau. J'ai du mal a comprendre leur réactions, leurs comportements alors comme toujours, je ne dis rien mais cela me bouffe de l'interieur me renfermant encore un peu plus dans ma carapace, fuyant les gens.

Il y a eu aussi de belles rencontres heureusement, des rires et de superbes moments, me confortant dans l'idee que tout n'est pas perdu.

Un constat s'impose pourtant et même si je le cerne mal encore pour le moment,  je me doute du résultat, encore quelques jours et je pourrai l'enoncer clairement. C'est peut être cette synthèse qui est douloureuse, qui me fait mal comme un noeud dans le ventre, le besoin de progresser, d'evoluer que je le veuille ou non, d'avancer coûte que coûte malgré les dommages collatéraux qu'il y aura.

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24 avril 2013

Passer une zone de turbulence..et en ressortir indemne

cite des arts1En ce moment même, ils sont dans l'avion. Impossible de savoir ce qu'ils ont pense de cette semaine en famille, j'imagine leur discussions, les contours de leur conversation mais je ne saurai jamais vraiment ce qu'ils en ont dit, ce qu'ils ont ressenti.

Il n'y a pas eu de larmes, de grands dialogues, des confrontations d'idees, des déchirements, chacun ayant fait un effort pour taire les anciennes querelles, ils sont partis "correctement" cette fois-ci. Une semaine, c'etait bien, assez dirais-je pour se quitter en bons termes, après je n'aurai jurer de rien.

cite des arts 2Je retiendrai l'image de ma Chouine, la main dans celle de son grand-père, confiante et heureuse, je me souviendrai des regards en coin du Caid attendant mon approbation pour aller dormir chez eux, des révisions de ses examens sur le canapé du salon.

La volonté des enfants a se faire aimer, a leur plaire, a ne pas les décevoir m'a beaucoup touche. Non qu'ils ne le méritent pas, mais cette confiance qu'ils leur ont témoigné d'emblee m'a fait baisser les armes, j'ai laisse tomber mes réticences et nous avons tout fait avec le Rital pour laisser profiter au maximum de leur présence.

cite des arts 3Mais ce que j'en retiens moi, n'a que peu d'importance. Mes attentes d'adultes sont bien futiles a cote de l'amour qu'ils ont reçu, j'en suis consciente. Bien sur, ils m'ont demande de prendre les enfants en vacances, ce que j'ai décliné force pirouettes et mauvais foi. Ce n'est pas une semaine en 2 ans qui va m'apaiser, ils viennent quand ils veulent mais je les pressens incapable de se charger des enfants et du reste du moins pour le moment. 

D'autres débats seront a ouvrir comme celui d'avoir une préférence pour l'un des enfants, la différence de traitement...mais pour le moment, je prends du recul par rapport a toute cette semaine.

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17 avril 2013

Un nouveau depart.

coucher de soleil et rocherDans quelques heures, je vais la revoir. Impossible de dire comment cela va se passer et tout s'embrouille dans ma tête. D'ordinaire, je prépare mes entretiens a l'avance,  imaginant consciencieusement le dialogue, les questions pièges a fin d'eviter  les imprévus mais la, je sèche, je ne sais plus. Rien n'est simple.

Les gnomes, eux sont ravis et je peux voir a leur dessin que leur grands parents leur ont manque, ils écrivent, dessinent leur amour et leur manque. Ils ont tant besoin d'etre aimes, de recevoir de l'affection, de l'attention. je les ai prive volontairement de cet amour, de ces rencontres, je n'en avais pas le droit. Même si ils m'ont fait du mal, a eux ils n'ont rien fait. Je me rends compte de mon erreur mais dans la colère, j'avais les yeux baisses, persuadée d'etre dans mon bon droit. Stupide.

Heureusement, il n'est pas trop tard pour eux et je leur souhaite de pouvoir partager pleins de belles choses avec eux, qu'ils apprennent a les connaître, a les aimer.

cala cel xarcoDurant cette semaine, je vais devoir m'effacer pour les laisser vivre leur histoire, sans intervenir, ni polémiquer, laisser mon ressenti de cote et les voir s'envoler a leur cote. J'espere juste qu'ils n'iront pas trop loin car je ne suis pas prête a les confier plus d'une journée. Pour le moment. Devenir une présente quasi absente, tempérer et accepter. Je suis prête maintenant a les voir, pour les enfants, juste pour les enfants.

Cette semaine, j'ai pris de la distance avec nos heurts, nos querelles et notre passif, il me faudra du temps pour ne voir en elle que la grand mère, faire un deuil définitif de la mère mais je ne lui en veux plus. La colère est partie et a laisse place a une sorte de vide sentimental que je ne sais comment remplir. Peut etre que aurai-je ma réponse, dans quelques heures?

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Posté par jugre à 09:50 - La vie sur terre - Commentaires [0]

16 avril 2013

Acalmie momentanee

petite fille et son veloSe poser quelques instants a la terrasse d'un café, regarder les enfants jouer dans le sable sans se préoccuper des vêtements salis ou des chaussures a nettoyer, juste profiter du soleil et de la mer comme tout ceux réunis ce jour la sur la plage, c'est ce que nous avons fait ce week-end.

Moment rare dans ma vie sous tension, sous pression permanente ou s'assoir et ne rien faire est si peu compatible avec mon état d'esprit. Je suis toujours dans l'action, dans les résultats, dans l'evaluation permanente et malgré moi, je le transmet aux enfants. Peu de temps pour les contempler et me dire "ils sont beaux mes enfants, j'en suis fière" et pourtant ce n'est pas faute de le penser mais je leur en demande toujours plus. 

Ce n'est pas de ma faute, je suis comme ça, exigeante avec moi, intransigeante avec eux. Alors dimanche, le Rital a sonne l'alarme :STOP a-t-il dit le matin, tu en fais trop, tu exiges trop, arrêtes. Il n'y a que lui pour me dire çà, que lui, pour que je m'arrêtes. Alors nous sommes partis, j'ai laisse ma javel, mes sceau et mes chiffons et avons pris la voiture.

"Ce n'est pas le moment, trop de choses a faire, a régler lui ai je rétorqué, tu ne te rends pas compte, mes parents arrivent"

"Et quoi? Ils nous prendront comme nous sommes, nous verrons comme ils ont envie de nous voir et peu importe que la maison soit niquelle, que le jardin ai de mauvaises herbes, c'est ainsi. Ils sont la pour nous voir, pas pour faire une inspection sanitaire."

Le Rital a raison, comme toujours mais que c'est difficile d'être imparfaite. J'aurai tellement voulu...mais je ne peux pas. Le problème, c'est moi, pas les enfants, pas la maison, pas les animaux. J'aimerai être une de ses mères cool, pas stressée, qui savent tout gérer de front sans hurler ni se plaindre. 

J'ai promis de faire des efforts, de me réguler, de prendre les évènements de manière relax, je bataille avec mes démons, je lutte contre ma nature. J'aimerai tant non être différente mais être apaisée, que mes relations aux autres soient plus faciles aussi. A force de mettre la barre trop haut, le risque de chute est plus grand et je ne veux pas m'effondrer, pas maintenant.

Cette semaine je la veux gaie, différente mais avant, il y a une évaluation au Centre, des compétences a démontrer, des entretiens a faire. Demain, promis, demain, je relâcherai la pression mais il me faut un jour de plus, juste un jour, après, j'essaierai que ce soit diffèrent, c'est promis.

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Posté par jugre à 09:34 - La vie sur terre - Commentaires [0]


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